Lundi 2 novembre 2009
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20:14
Le 30 septembre 2008, il s'agit du jour où j'ai rencontré le sujet de mon diplôme de DSAA.
"Aujourd’hui même, le 30 septembre 2008, je peux vous dire, avec
exactitude ce qu’était ce petit tube beige qui provoquait chez moi tant
d’imaginaire, de monstres et de chimères.
Me voici harnaché d’un sac à dos, il est 6h20, je suis à Gare de Lyon, il
est trop tôt pour moi. Je ne peux rester éveillé. Je m’endors.
Il est 9h00 passé, je me réveille doucement, l’esprit embué. Je me
rends compte que nous avons déjà dépassé Valence et que le paysage
s’est radicalement modifié.
Je retourne dans mon livre…
Après quelques pages rapidement dévorées et un café vite descendu,
je me décide à relever la tête. Le paysage se résume à de grandes étendues,
des champs blonds, des arbres rythment quelques passages.
Rien de plus.
Des flamants roses restent figés sur un large bassin à Port-la-nouvelle.
Le trajet m’emmène par la suite vers des villes comme Sète, Béziers,
Agde, la Méditerranée se dévoile au fur et à mesure. Je n’arrive toujours
pas à distinguer de chêne-liège, en ai-je vu ? je ne sais pas.
Le Boulou m’ouvre enfin ses portes.
Il s’agit là d’un véritable petit village du sud-ouest de la France, où l’on
peut encore trouver ce qu’on appelle les subéraies, ces lieux où s’opère
une magie, là où sont plantés les arbres à petits tubes beiges.
En m’égarant quelques peu dans le village, je réussis à gagner mon
hôtel. Il est temps de faire une pause.
Quelques heures plus tard, je tente de visiter un peu ce lieu et de
m’imprégner de la culture locale. Ciel bleu, pierres blanches, roches
abruptes, végétations jaunies par le soleil, des platanes et ma première
rencontre avec le chêne-liège.
Le sentier que j’avais emprunté débouchait sur le haut de la colline.
Elle formait un petit plateau semé de ronces et de pierrailles. Au milieu
se dressait cet arbre tant attendu.
Seul en plein milieu de ce champ, meurtri, écorché vif, grand et fort, il
s’évadait en force de la broussaille, ses branches s’écartaient du tronc
en gros traits hardis, cassés d’angles vifs, de gesticulations de folie et
de souffrance, et cependant, sous son feuillage rebroussé de vent, il
formait au soleil un immense bouquet vert et blanc.
Ce chêne-liège vit ici, orgueilleux mais libre.
Je ne peux vous décrire exactement la sensation que j’éprouvais lors de
cette rencontre. J’ai feuilleté des livres et autres revues pour en cerner
l’histoire et la culture, mais après avoir parcouru plusieurs centaines
de kilomètres, je me trouve face à lui, créateur des chimères de mon
enfance.
Je le regarde, un peu émerveillé. D’une banale image tirée d’un vieux
livre des années 80, je me retrouve face à l’original, peut-être le même
que celui de ladite photo.
Parle-moi, arbre."
extrait de l'avant propos du mémoire de projet
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne liège en parc de séchage, septembre 2008
chêne liège en parc de séchage, septembre 2008
parc de séchage, septembre 2008
canon de liège, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
tas d'écorces, octobre 2008
tronc de chêne liège abîmé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
tronc mis à ni, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne mal écorcé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
base de chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, propriété de l'Institut Méditérranéen du Liège, octobre 2008
"Aujourd’hui même, le 30 septembre 2008, je peux vous dire, avec
exactitude ce qu’était ce petit tube beige qui provoquait chez moi tant
d’imaginaire, de monstres et de chimères.
Me voici harnaché d’un sac à dos, il est 6h20, je suis à Gare de Lyon, il
est trop tôt pour moi. Je ne peux rester éveillé. Je m’endors.
Il est 9h00 passé, je me réveille doucement, l’esprit embué. Je me
rends compte que nous avons déjà dépassé Valence et que le paysage
s’est radicalement modifié.
Je retourne dans mon livre…
Après quelques pages rapidement dévorées et un café vite descendu,
je me décide à relever la tête. Le paysage se résume à de grandes étendues,
des champs blonds, des arbres rythment quelques passages.
Rien de plus.
Des flamants roses restent figés sur un large bassin à Port-la-nouvelle.
Le trajet m’emmène par la suite vers des villes comme Sète, Béziers,
Agde, la Méditerranée se dévoile au fur et à mesure. Je n’arrive toujours
pas à distinguer de chêne-liège, en ai-je vu ? je ne sais pas.
Le Boulou m’ouvre enfin ses portes.
Il s’agit là d’un véritable petit village du sud-ouest de la France, où l’on
peut encore trouver ce qu’on appelle les subéraies, ces lieux où s’opère
une magie, là où sont plantés les arbres à petits tubes beiges.
En m’égarant quelques peu dans le village, je réussis à gagner mon
hôtel. Il est temps de faire une pause.
Quelques heures plus tard, je tente de visiter un peu ce lieu et de
m’imprégner de la culture locale. Ciel bleu, pierres blanches, roches
abruptes, végétations jaunies par le soleil, des platanes et ma première
rencontre avec le chêne-liège.
Le sentier que j’avais emprunté débouchait sur le haut de la colline.
Elle formait un petit plateau semé de ronces et de pierrailles. Au milieu
se dressait cet arbre tant attendu.
Seul en plein milieu de ce champ, meurtri, écorché vif, grand et fort, il
s’évadait en force de la broussaille, ses branches s’écartaient du tronc
en gros traits hardis, cassés d’angles vifs, de gesticulations de folie et
de souffrance, et cependant, sous son feuillage rebroussé de vent, il
formait au soleil un immense bouquet vert et blanc.
Ce chêne-liège vit ici, orgueilleux mais libre.
Je ne peux vous décrire exactement la sensation que j’éprouvais lors de
cette rencontre. J’ai feuilleté des livres et autres revues pour en cerner
l’histoire et la culture, mais après avoir parcouru plusieurs centaines
de kilomètres, je me trouve face à lui, créateur des chimères de mon
enfance.
Je le regarde, un peu émerveillé. D’une banale image tirée d’un vieux
livre des années 80, je me retrouve face à l’original, peut-être le même
que celui de ladite photo.
Parle-moi, arbre."
extrait de l'avant propos du mémoire de projet
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne écorcé ou déliégé, septembre 2008
chêne liège en parc de séchage, septembre 2008
chêne liège en parc de séchage, septembre 2008
parc de séchage, septembre 2008
canon de liège, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
tas d'écorces, octobre 2008
tronc de chêne liège abîmé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
tronc mis à ni, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne mal écorcé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
base de chêne écorcé ou déliégé, octobre 2008
chêne écorcé ou déliégé, propriété de l'Institut Méditérranéen du Liège, octobre 2008